« ACTE I: Michèle et Hubert »

J'affilie souvent la photographie au théâtre. Mon capteur est une scène, un espace limité mais, à mes yeux, infini où je peux donner vie à tout ce que je veux rendre visible, ce qui me semble juste et d'intérêt. Je pense créer des microcosmes, des mondes indépendants, solitaires et introspectifs. L'utilisation récurrente des fonds participe à cela et reflète ma curiosité pour ces surfaces objectives qui suggèrent l'infini et qui m'offrent une liberté de composition et d'expression sans égal. Cet intérêt a grandi il y a un an, à une période où je me suis passionné pour certains tableaux de Van Gogh, plutôt synthétiques mais forts, et des tableaux de Matisse comme L'atelier Rouge. Ces observations m'ont amené à me détacher progressivement de l'environnement extérieur pour synthétiser la forme et aller au plus prêt de ce que je mets en lumière, à l'essence même des choses. Je travaille beaucoup en noir et blanc car c'est pour moi le support idéal de l'innovation formelle, là où s'épanouissent les lignes et les espaces.

Je ne conçois pas la photographie comme le moyen d'une recherche sociale ou documentaire mais réellement comme un matériau pour créer de nouvelles solutions visuelles. Pour ne jamais tomber dans l'ennui du concept, je remets en cause le point de vue et le cadrage en oubliant tout ce que j'avais assimilé comme correct et sécurisant. C'est pour cela que la définition d'acte m'intéresse profondément. En plus d'être associé au théâtre, autrement dit à des scènes d'humanité où les passions sont exacerbées, un acte est une action, et en photographie une tentative. La photographie rend ma vie plus excitante et en cela qu'elle ne me donne jamais raison. Ces images ne sont ni justes, ni fausses, simplement des tentatives qui me passionnent.

Mes grands parents participent grandement à mon enrichissement personnel et artistique; je leur dédie cette exposition.

« ACT I: Michèle & Hubert»

I often associate photography with the theatre. A camera lens is a stage, a limited space but, in my eyes, infinite where I can give life to everything that I want to be seen, to what I think matters and is of interest. I hope to create microcosms, independent worlds, solitary and introspective. The recurrent use of backdrops is related to this and reflects my curiosity for these objective surfaces that suggest infinity and that give me a liberty of composition and of expression without equal. This interest expanded a year ago, at a time when I became passionate about certain paintings by Van Gogh, rather constructed but bold, and paintings by Matisse like L'Atelier Rouge. These observations have enabled me to progressively detach myself from the surrounding environment in order to focus on the form and to approach more closely that which I illuminate, the essence of things. I work a lot in black and white because for me this is the ideal support for formal invention, where lines and space find their plenitude.

I do not conceive of photography as a means of social research or of documentation but really as a material in which I can create new visual solutions. So as not to fall into a trap of "the concept," I always challenge myself with the angle I am shooting or with the framing of the image in striving to liberate myself from all that is correct or reassuring. Photography makes my life more exciting and by saying this I mean it never gives me absolute control. These images are neither correct nor incorrect, simply attempts that I find passionate.

My grandparents have greatly participated in my personal and artistic enrichment; I am dedicating this exhibition to them.

021_.jpg
23_.jpg
050_.jpg
060_.jpg
070_.jpg
071_.jpg
072_.jpg
083_.jpg
084_.jpg
111_.jpg
120_.jpg